Lui, ce sont les personnes les plus modestes, les vrais gens, ceux qui galèrent pour boucler leurs fins de mois, qui le soutiennent. Tel est le message que le premier Secrétaire du Parti Socialiste (PS), Olivier Faure, a souhaité véhiculer en publiant, le 22 août 2026, sur son compte Facebook une photo de lui en compagnie de plusieurs Gilets jaunes à l’occasion de l’Université d’été des Ecologistes. Une façon pour lui de gauchiser son image et de se positionner comme le rassembleur de la gauche, comme un pont voire comme le point d’équilibre entre le parti EELV et La France Insoumise (LFI). L’occasion enfin, pour lui, de souligner sa différence avec l’ancien Président de la République François Hollande et avec Raphaël Glucksmann, candidats putatif et déclaré pour représenter la gauche à la Présidentielle de 2027, attachés à la social-démocratie et opposés à une alliance avec LFI.
Olivier Faure n’est pas le premier dirigeant politique à essayer de s’attirer les bonnes grâces des Gilets jaunes. En 2022, la Députée LFI Raquel Garrido avait organisé une réunion à l’Assemblée nationale avec quatre figures du mouvement des Gilets jaunes selon le journal La dépêche. L’ancien Premier ministre François Bayrou n’est pas non plus en reste. Conscient que la contestation des Gilets jaunes représentait une « crise de la démocratie représentative » comme l’estimait le communicant Etienne Raiga Clémenceau dans une interview donnée au Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones (le CCJF), François Bayrou rompit avec la communication politique de ses prédécesseurs. Refusant que « les promesses de dialogue restent lettre morte » comme le déplorait le communicant Pierre Vattard dans une interview, François Bayrou indiqua sa volonté de reprendre l’étude des Cahiers de doléances présentés par les Gilets jaunes. Il tenta ainsi de se positionner comme « l’apôtre de la réconciliation » selon le communicant Damien Arnaud dans une interview.
Désormais, les Gilets jaunes ont bonne presse à gauche. Ils ne sont plus assimilés au Rassemblement national (RN) comme les dirigeants politiques macronistes et les éditorialistes tentaient de le faire penser, à l’époque. Selon le sociologue Raphaël Challier, il semblerait en effet que les plus mobilisés des Gilets jaunes affichent des positions plus proches de la gauche que les sympathisants du mouvement comme il l’explique dans l’ouvrage collectif Les Gilets jaunes, publié en 2024. Ainsi, beaucoup de dirigeants politiques, de gauche essentiellement, souhaitent aujourd’hui se servir des Gilets jaunes pour consolider leur image d’homme ou de femme politique au service de la justice sociale. Les Gilets jaunes accepteront-ils d’être récupérés voire instrumentalisés par les dirigeants politiques de gauche ou parviendront-ils à structurer un mouvement afin de défendre leurs revendications politiques ?
Article publié en août 2026
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