Les nouveaux experts de la ComPol ont à coeur de transmettre de la connaissance, de susciter le débat et de construire un socle de connaissances partagées entre les communicants politiques du monde entier. C’est pour cela que nous lançons une nouvelle émission vidéo « ça fait partie des classiques » afin de valoriser les livres de référence en communication politique.
Si vous souhaitez nous envoyer des ouvrages sur la communication politique, voici l’adresse : Damien ARNAUD, Les nouveaux experts de la ComPol, 14 B rue Charles Gounod 33130 Bègles
Podcast sur l’ouvrage « Petites phrases : des microrhétoriques dans la communication politique » de Michel Le Séac’h, publié chez BOD
[Texte du podcast]. Bienvenue dans ce nouvel épisode de « ça fait partie des classiques« , l’émission qui met en lumière les ouvrages de référence en communication politique.
Aujourd’hui, on va parler de l’ouvrage « Petites phrases : des microrhétoriques dans la communication politique » de Michel Le Séac’h, publié en 2025 chez BOD, book on demand.
Que peut-on retenir de cet ouvrage ?
D’abord, il définit la petite phrase comme une « formule concise, attribuée à un personnage connu, qui marque un public ». Sa définition réunit les paroles elles-mêmes, la réputation du locuteur et l’état d’esprit de l’auditeur, autrement dit le logos, l’ethos et le pathos, les trois piliers de la rhétorique selon Aristote.
Ensuite, l’ouvrage souligne l’intérêt, en politique, d’utiliser une petite phrase. Celle-ci peut servir à montrer qui est le chef, à fustiger l’adversaire, à interpréter une situation, à désigner un objectif, à rallier des partisans ou encore à préconiser une attitude. Mobiliser une petite phrase est, en général, un acte de leadership.
Enfin que ce qui fait le succès d’une « petite phrase » politique, c’est la parfaite adéquation du logos, de l’ethos et du pathos : quand ce que l’auteur dit avec des mots percutants répond aux attentes de son public et s’accorde à sa propre réputation. Dans les débats politiques, par exemple, une petite phrase qui laisse l’adversaire sans voix est particulièrement efficace. Lors du débat de l’entre deux tours de la présidentielle de 1974, le célèbre « Vous n’avez pas le monopole du cœur » de Giscard d’Estaing cloue le bec à Mitterrand. L’un et l’autre diront que l’élection présidentielle de 1974 s’est jouée à cet instant précis.
Podcast sur l’ouvrage « La communication politique » publié par La Revue Hermès (CNRS Editions)
[Texte du podcast]. Bienvenue dans cet épisode de « ça fait partie des classiques« , l’émission qui met en lumière les ouvrages de référence en communication politique.
Aujourd’hui, on va parler du livre intitulé « La communication politique » publié en 2017 par les éditions du CNRS. Un ouvrage qui s’appuie sur les contributions de nombreux chercheurs et professionnels comme Arnaud Mercier, Dominique Wolton, Eric Dacheux, Marie-Cécile Naves, Nicolas Tanzer, Alex Frame, Christian le Bart, Gilles Achache… et bien d’autres. Un ouvrage qui retrace les évolutions de la communication politique depuis 30 ans, en prenant soin de faire un pas de côté en Italie avec la communication politique de Berlusconi, aux Etats-unis avec celle de Trump et au Brésil avec celle de Dilma Rousseff.
Que peut-on retenir de cet ouvrage ?
D’abord, que d’idéal de la transparence, d’art de rendre accessible à tous ce qui se passe dans les rouages de la décision, la communication politique s’est muée peu à peu en vecteur d’influence politique visant à obtenir l’assentiment du peuple.
Ensuite, que l’essentiel de la communication politique se joue dans la maîtrise ou la non maîtrise par les hommes politiques des médias de masse et dans la reprise par les journalistes de ces médias des intentions de communication des hommes politiques.
Par ailleurs, que la télévision est devenue le premier support en matière de marketing électoral, obligeant les personnalités politiques à adapter leur discours, leur look, leur physique aux exigences télévisuelles. Des mises en image qui relèvent plus du coup médiatique, de la séduction publicitaire que de la solennité historiquement associée au pouvoir.
Enfin, qu’à force de vouloir montrer une belle façade au détriment du contenu, d’étaler sa vie privée et la psychologie des personnalités politiques au détriment des programmes et de cacher les défauts sous des rhétoriques d’enfumage, la communication politique a peu à peu fait perdre son âme à la politique.
