Dans ce numéro de l’émission ça pique un peu, le think tank international et apolitique analyse de façon critique la communication sur Instagram du chat du Premier ministre belge Bart de Wever et, plus globalement, l’utilisation des animaux dans les stratégies de communication politique en France et à l’étranger.
En juillet 2026, le média France Info a consacré un article à Maximus, le chat du Premier ministre belge très conservateur Bart De Wever.
Depuis le début de la Coupe du monde de football, le félin aux plus de 230 000 abonnés publie sur Instagram ses pronostics sur les résultats des matchs. Le principe est simple : Maximus a devant lui deux gamelles de croquettes, disposées devant les drapeaux des équipes qui s’affrontent, et il n’a plus qu’à choisir qui sera, d’après lui, le vainqueur.
Maximus s’exprime aussi, en flamand, sur les événements liés au mondial. C’est ainsi qu’après la large victoire de l’équipe belge contre les Etats-Unis (4 à 1), le chat gris aux petites oreilles se prélasse au soleil en écrasant une poupée à l’effigie de Donald Trump et indique avoir passé une « très bonne nuit ».
Mais les avis de Maximus ne se limitent pas au football. Il commente aussi l’actualité politique belge de façon décalée et humoristique. Alors que le Premier ministre Bart de Wever, issu du N-VA, le parti nationaliste flamand, mène, depuis son arrivée au pouvoir, une politique de rigueur budgétaire stricte avec des réformes très dures en matière économique et sociale et défend une ligne très ferme sur l’immigration, le compte Instagram de Maximus contribue à adoucir l’image du Premier ministre. Il façonne une image plus légère et plus sympathique de Bart De Wever.
Les posts de Maximus sur Instagram permettent également de contourner les codes classiques de la communication politique. Cette prise de parole non officielle permet au Premier ministre belge de transmettre des messages politiques forts, de façon suffisamment fantaisiste pour ne pas donner lieu à des critiques.
En Italie, Matteo Salvini, vice-Premier ministre et membre du parti très conservateur de la Ligue du Nord, utilise également beaucoup les chats dans sa communication politique. C’est aussi le cas, en France, de Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national, un parti politique également très conservateur.
Le journaliste Lucas Jakubowicz, auteur de l’ouvrage Un animal pour les gouverner tous, estime qu’ « à travers l’instrumentalisation d’animaux mignons, les partis de droite populiste, qui diffusent généralement des idées assez extrêmes, discriminantes, xénophobes, voire misogynes, vont chercher à amadouer les électeurs afin de montrer qu’ils sont gentils eux aussi ». Cela leur permet de les humaniser, de montrer qu’ils sont comme tout le monde.
Poser avec un chat permet également aux dirigeants des partis très conservateurs de rompre avec la tradition. L’animal par excellence des Présidents américains, russes ou français, c’est le chien… souvenons-nous en France de Baltique sous Mitterrand, de Sumo sous Chirac, de Philaé sous Hollande ou encore de Némo sous Macron. Le Président Donald Trump a, quant à lui, décidé de ne plus avoir d’animaux à la Maison Blanche.
Dans mon essai intitulé La communication politique a besoin d’un traitement de cheval publié fin 2025, je déplore, sur plusieurs pages, l’utilisation croissante des animaux – des chiens, des chats et des chevaux – dans les stratégies de communication politique en France et à l’étranger.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Trouvez-vous normal que les dirigeants politiques instrumentalisent les animaux à des fins politiques ?
Réalisé par Damien Arnaud et publié en août 2026
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