Communication politique en Côte d’Ivoire : « elle gagnerait à intégrer davantage de dialogue citoyen, d’écoute active et de mesure de l’opinion »

Interview de Sandrine Roland, Directrice de AOS africa, une agence intégrée de communication et de marketing opérant dans plus de 14 pays africains. 

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Quelles sont les principales dérives et excès de la communication politique en Côte d’Ivoire ?

La première dérive majeure est la personnalisation excessive du message politique, où l’image du leader prend souvent le pas sur le projet, la vision ou le programme. On observe également une communication émotionnelle parfois clivante, qui joue sur la peur, l’ethnicisation ou la polarisation sociale, au détriment du débat d’idées. Une autre dérive réside dans la confusion entre communication institutionnelle et propagande politique, notamment en période pré-électorale. Enfin, l’usage croissant des réseaux sociaux a favorisé la désinformation, les rumeurs et la surenchère verbale, avec peu de mécanismes de régulation ou de
pédagogie citoyenne.

Auriez-vous un ou deux exemples d’actions de communication politique particulièrement réussies en Côte d’Ivoire ?

Un premier exemple marquant est la communication autour des grands projets d’infrastructures. Elle a su rendre visibles des réalisations concrètes (ponts, routes, énergie) à travers une narration axée sur l’impact quotidien pour les populations. Un autre exemple réussi concerne certaines campagnes de proximité, basées sur l’écoute, le terrain et le dialogue direct avec les communautés, notamment à travers des tournées locales bien scénarisées. Ces actions ont fonctionné parce qu’elles combinaient preuve par le réel, pédagogie et présence humaine, plutôt qu’un discours uniquement déclaratif.

Quels sont, selon vous, les axes de progrès de la communication politique en Côte d’Ivoire ?

Le premier axe de progrès est le passage d’une communication de conviction à court terme à une communication de construction de confiance dans la durée. Il est essentiel de renforcer la pédagogie politique, en expliquant davantage les
décisions publiques, leurs contraintes et leurs impacts réels. Un autre enjeu clé est la professionnalisation accrue des équipes de
communication, avec des standards éthiques clairs et une meilleure maîtrise du digital. Enfin, la communication politique ivoirienne gagnerait à intégrer davantage de dialogue citoyen, d’écoute active et de mesure de l’opinion, pour devenir moins
verticale et plus participative.

Interview réalisée par Damien ARNAUD et publiée en février 2026


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