« Il faut revenir à une parole politique plus rare, mesurée et visionnaire »

Damien ARNAUD vient de publier un essai intitulé La communication politique a besoin d’un traitement de cheval.

Présentation du livre : https://nouveauxexpertsdelacompol.com/2025/10/09/livre-la-communication-politique-a-besoin-dun-traitement-de-cheval/

Pour se procurer le livre : https://nouveauxexpertsdelacompol.com/2025/11/07/comment-acheter-le-livre-la-communication-politique-a-besoin-dun-traitement-de-cheval/

Pourquoi la communication politique a-t-elle besoin d’un traitement de cheval ?

La communication politique joue un rôle fondamental en démocratie. Elle permet aux dirigeants politiques, grâce à l’élection, de faire accepter aux gouvernés leur domination et, ensuite, de légitimer les décisions politiques, de les faire connaître et supporter. Pourtant, pas une semaine ne passe sans qu’elle ne soit critiquée, moquée et raillée. Eléments de langage répétés en boucle dans les médias, abus de ‘‘petites phrases’’, multiplication des mensonges, discours politiques simplistes, storytelling politique effréné, ‘‘peopolisation’’ politique outrancière… les dérives sont nombreuses. La communication politique a donc besoin d’un traitement de cheval pour se régénérer et, in fine, renouer le lien de confiance avec les citoyens.

Dans quelle mesure les réseaux sociaux et les chaines d’information en continu ont-ils transformé la communication politique ?

Il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie. Côté pile, ils favorisent une meilleure information politique. Les citoyens peuvent mieux connaître l’actualité politique et participer davantage au débat public en commentant et en faisant remonter des revendications. Néanmoins, côté face, les réseaux sociaux et les chaines d’information en continu favorisent l’émergence de polémiques stériles, de clashs en série et de réactions démesurées. Ils entrainent également une simplification, voire une radicalisation, de la parole politique. On assiste aussi à une focalisation sur des actualités politiques sans importance ou sur des histoires personnelles, au détriment des projets politiques. Pour résumer, si les réseaux sociaux et les chaines d’information en continu améliorent l’information politique, ils nuisent cependant souvent à la communication politique.

Quelles sont les trois principales propositions de ce livre pour améliorer la communication politique ?

D’abord, je pense que les dirigeants politiques doivent être guidés, en matière de communication politique, par une éthique de responsabilité. Ils doivent bien réfléchir à l’impact des mots qu’ils utilisent. Des mots qui ne doivent pas fragiliser ou porter atteinte au vivre-ensemble mais le consolider, permettre aux citoyens de vivre les uns avec les autres et non pas les uns contre les autres. Ensuite, il faut que les responsables politiques mènent la bataille des idées avant celle de l’image. Le marketing politique, la dimension visuelle, les histoires personnelles doivent passer au second plan après les idées politiques. Enfin, il faut revenir à une parole politique plus rare, mesurée et visionnaire.

Interview publiée en octobre 2025