Le 13 décembre 2024, François Bayrou a succédé à Michel Barnier en tant que Premier ministre. Dans une longue interview publiée la veille du vote de confiance au Parlement, Damien Arnaud, Directeur du think tank Les nouveaux experts de la ComPol, passe sa communication politique au crible.
Quel regard portez-vous sur la communication de François Bayrou depuis sa nomination en tant que Premier ministre ?
Sa communication politique est sincère, sobre, ferme mais peu audible.
Ses discours et ses prises de parole reprennent les mêmes valeurs et les mêmes idées politiques qu’il défend, avec force, depuis des décennies. On y retrouve aussi des références fréquentes à sa terre pyrénéenne matricielle, à son double Henri IV et à sa maison de cœur l’Education nationale. Ses discours sont toujours très personnels car je pense qu’il adore les rédiger lui-même, ce qui est aujourd’hui extrêmement rare dans la vie politique.
Par ailleurs, comme François Bayrou estime, à mon avis, que la communication politique accompagne l’exercice du pouvoir mais ne doit pas prendre le pas, voire primer, sur la politique, il utilise des images, des formules et des mots mesurés, justes et précis. Il déteste se mettre en scène et participer au cirque médiatique. Il communique en patriarche, en bon père de famille, pas comme une star de TikTok ou d’Instagram.
François Bayrou a également une communication politique très ferme. Comme il est issu de la majorité présidentielle, on s’attendait à ce qu’il inscrive continuellement ses pas dans ceux du Président. Or, ce n’est pas le cas. Il faut dire que pour être nommé Premier ministre, ce qu’il attendait depuis longtemps et qui lui paraissait légitime au regard de sa fidélité et de sa loyauté sans faille envers Emmanuel Macron, François Bayrou a été obligé de mettre la pression sur le chef de l’Etat en lui disant que s’il n’était pas nommé Premier ministre, le MODEM était prêt à se retirer de la majorité présidentielle. Les journalistes ont d’ailleurs écrit que François Bayrou avait « fait plier » le Président de la République, qu’il « s’était imposé » à lui comme Premier ministre. Pour affaiblir son autorité, voire pour se venger, certains ont fait savoir dans les médias que François Bayrou n’était que le second choix du chef de l’Etat, après Sébastien Lecornu et/ou Roland Lescure. Lors de cet épisode, François Bayrou a su faire preuve d’une grande autorité et ne compte pas être entravé dans l’exercice de ses fonctions.
Cette communication sincère, sobre et ferme est hélas peu audible. Pour moi, ses messages clés ne parviennent pas à émerger dans le brouhaha médiatique. Ils n’impriment pas dans l’opinion et sont peu relayés par les médias et les autres membres du Gouvernement qui, pour la plupart, entendent surtout jouer leur propre partition et poursuivre leur ascension politique. Le marathon médiatique qu’il a enclenché, depuis le mois d’août 2025, pour justifier auprès de l’opinion publique son projet de budget pour la France, arrive à mon avis trop tard.
Quels sont les grands axes politiques qui ressortent des discours du Premier ministre François Bayrou ?
Dans ses discours politiques, François Bayrou apparaît comme le porteur de l’esprit de vérité en matière de dette et de déficit publics, comme le défenseur d’une nouvelle promesse française et comme l’apôtre de la réconciliation.
Pour lui, la dette et les déficits représentent une épée de damoclès sur la tête des générations futures et mettent en danger notre modèle social. La difficile vérité qu’il estime porter, c’est qu’il faut baisser drastiquement les dépenses publiques afin de retrouver des marges de manœuvre nécessaires pour agir. Lors de la conférence de presse du 15 juillet 2025, il estime qu’il faut dire « stop à la dette » et « en avant la production ». Lors de son interview avec les journalistes de quatre chaînes d’information en continu, le 31 août 2025, il insiste sur la nécessité de « sortir le pays de la malédiction immédiate de la dette ».
François Bayrou se positionne également comme le défenseur d’une « nouvelle promesse française » dont il dessine les contours lors de son discours de politique générale, à l’Assemblée nationale, le 14 janvier 2025. Une promesse qui offre à chacun les conditions de sa dignité en tant que citoyen et en tant que personne grâce à la loi du marché mais aussi grâce à l’idéal français de fraternité et de solidarité. Il déclare que cette promesse française « c’est pour tous la possibilité de s’affirmer, d’avoir une deuxième chance si on échoue, une troisième chance si on a encore rencontré des difficultés ». Pour lui, cette promesse, c’est aussi l’attention portée à l’égalité entre les femmes et les hommes, supposant une lutte sans merci contre les violences sexuelles ou sexistes, mais aussi une lutte pour l’égalité salariale et professionnelle. Cette promesse consiste enfin à abattre le mur qui existe entre les uns et les autres. C’est la raison pour laquelle François Bayrou souhaite reprendre l’étude des cahiers de doléances présentés par les Gilets jaunes.
Le Premier ministre se voit enfin comme l’apôtre de la réconciliation. Pour lui, il faut réconcilier les Français avec l’Etat, les élus et les entreprises. Lors de la passation de pouvoir avec Michel Barnier, le 14 décembre 2024, François Bayrou, se comparant à son modèle Henri IV, a rappelé que celui-ci a fondé sa rencontre avec le peuple sur la nécessité de sortir des guerres stupides ou secondaires pour se retrouver sur l’essentiel : l’avenir du pays.
Le 23 mars 2025, François Bayrou a publié sur son compte X (ex Twitter) une vidéo retraçant ses 100 jours en tant que Premier ministre. Est-ce un outil de communication politique réussi ?
Le clip vidéo, réalisé par les communicants du Service d’Information du Gouvernement (SIG), fait désormais partie des outils de communication politique récurrents. Il permet de mettre en lumière l’action politique du Premier ministre au cours des 100 premiers jours qui suivent sa nomination.
François Bayrou y est représenté comme un Premier ministre solide qui tire sa force de son équipe, composée de personnalités politiques de droite, de gauche et du centre, respectées et expérimentées. Deux anciens Premiers ministres, Elisabeth Borne et Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le ministre de l’Economie Eric Lombard apparaissent régulièrement au premier plan, aux côtés de François Bayrou. On peut noter l’absence d’image du ministre de la Justice Gérald Darmanin et du Président Emmanuel Macron. Cela me laisse penser que François Bayrou ne se positionne pas comme un Premier ministre fusible du Président mais plutôt comme un Premier ministre d’union nationale lors d’une crise politique sans précédent.
François Bayrou apparaît également comme un Premier ministre dont l’objectif prioritaire est d’apaiser le pays, à commencer par Mayotte. Il se voit comme l’apôtre de « la nécessaire réconciliation ». « Nous sommes un peuple de ressource à la condition qu’il trouve l’unité qui si souvent lui manque » insiste-t-il dans un discours. Professeur agrégé de lettres, il mobilise avec succès une anaphore « Moi, j’ai choisi de faire confiance » pour souligner son état d’esprit constructif vis-à-vis des syndicats et des organisations patronales et pour exprimer sa différence avec ses prédécesseurs.
Par ailleurs, le fait que ce clip vidéo reprenne, en voix off, des extraits de journaux (a priori radio) est innovant et malin car cela joue sur les frontières entre journalisme et communication afin de renforcer la crédibilité des propos du Premier ministre.
Dans ce clip vidéo, j’ai enfin l’impression que François Bayrou se présente comme l’anti-Attal en matière de communication politique. Pas d’effet waouh mais une communication politique relativement humble et sobre. Lorsqu’il est filmé face caméra, il apparaît sans sa veste de costume, comme s’il n’était pas en représentation. Son post sur X est simplement intitulé « 100 jours. », quand celui de Gabriel Attal indiquait « Pour tous les Français. 100 premiers jours d’action. ». Cette forme d’anti-communication politique porte ses fruits puisque la vidéo de François Bayrou récolte 1,4 millions de vues quand celle de Gabriel Attal ne dépasse pas les 158 000 vues.
L’audition de François Bayrou, le 14 mai 2025, par la commission d’enquête parlementaire contre les violences scolaires a-t-elle dégradé son image en tant que Premier ministre ?
Lors de cette audition, le lion François Bayrou a été traqué, chassé sans relâche, de façon méthodique par le Député de La France Insoumise (LFI) Paul Vannier. Estimant qu’il n’avait rien à se reprocher, le Premier ministre blessé dans son honneur et dans son intégrité s’est défendu avec force. A propos d’une femme ayant témoigné qu’il aurait été au courant des violences, il n’a pas mâché ses mots : « elle affabule », avant de marteler à propos d’une autre accusation : « je n’ai jamais été informé ». Malgré les attaques et le décorum aux allures inquisitoriales, François Bayrou est parvenu à faire face, sans perdre son sang froid. Néanmoins, que peuvent les coups de patte d’un vieux lion face aux tirs répétés d’un jeune chasseur vigoureux ? A l’issue de cette audition, certains journalistes ont qualifié sa défense de « stratégie de l’embrouille » quand un autre a ironisé sur la présumée mauvaise foi de François Bayrou : « tout le monde ment sauf lui ». Sa posture d’homme politique honnête, de bon père de famille veillant sur ses enfants, a été fragilisée et sa côte de popularité a chuté car beaucoup de citoyens estiment qu’il a menti devant la commission d’enquête.
Heureusement pour lui, le vieux lion blessé, doté d’un grand sens politique, a su reprendre du poil de la bête et a contre-attaqué. Comme il s’y était engagé lors de son audition, il a fait publier dans les médias un document détaillant, point par point, ses réponses aux accusations et l’a accompagné de preuves écrites. Cela a permis de changer la donne et de rééquilibrer la situation. Le sujet étant épuisé, les articles critiques dans les médias ont ensuite cessé. Cependant, même si la mise à mort politique de François Bayrou a échoué, son image a été très abîmée. Il va lui falloir du temps pour retisser le lien de confiance avec les Français.
Le Premier ministre François Bayrou continue de siéger au conseil municipal de Pau. Cela a-t-il du sens en matière de communication politique ?
François Bayrou a toujours tenté d’incarner la France des territoires. Une France qui se sent souvent abandonnée par Paris et « les technocrates ». Il a fait de son ancrage territorial, voire rural, sa marque de fabrique. Dès que l’occasion se présente, comme ce fut le cas lors de la passation de pouvoir avec le Premier ministre précédent Michel Barnier, il rappelle sans cesse, avec fierté, qu’il vient des Pyrénées bleues et de villages défavorisés.
Pour rester cohérent avec son image politique, il ne peut donc pas négliger la ville de Pau dont il est le Maire. Qu’il continue à siéger au conseil municipal de sa ville et qu’il communique sur le sujet paraît cohérent. En matière de communication politique, François Bayrou doit seulement veiller à ce que ses déplacements à Pau pour les conseils municipaux n’aient pas lieu pendant une crise politique nationale, ne soient pas trop fréquents et qu’ils soient effectués en train pour des raisons écologiques.
Le 5 août 2025, François Bayrou a lancé une série de vidéos sur YouTube « FB Direct ». Qu’en pensez-vous ?
D’abord, je tiens à souligner que les analyses, publiées dans les médias, me semblent très excessives. « C’est un exercice de style désespéré », « une démarche qui apparaît, trois semaines après la présentation de son plan de rigueur, comme l’aveu d’un triple échec », « une tentative désespérée pour reprendre des forces avant la rentrée » cinglent certains journalistes et communicants politiques. « Il y a un effort louable mais ça ne marche pas » tacle un autre communicant politique.
Pour ma part, j’estime que cette série de vidéos sur YouTube est un bon outil de communication politique au regard des messages délivrés, du format adopté et de l’impact médiatique. Les articles publiés dans les médias sur les vidéos publiées sur sa chaîne YouTube sont certes assez critiques mais surtout très nombreux. Ils permettent à François Bayrou de mettre les enjeux budgétaires sur le devant de la scène politique, de tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique dramatique du pays et de consolider son image de bon gestionnaire et, par ricochet, celle du MODEM. Il se positionne, en matière budgétaire, comme le bon père de famille de la France, comme celui qui ramène la pays à la raison, comme celui qui a le courage politique de baisser les dépenses pour que le budget se rapproche de l’équilibre.
En outre, publier ces vidéos sur YouTube est une très bonne idée de la part des équipes de François Bayrou. D’après les chiffres 2025, chaque mois, 41,4 millions de Français utilisent YouTube et, chaque jour, ils y passent en moyenne 37 minutes. La plateforme YouTube est devenue la première chaîne de télévision en France et rassemble toutes les générations. Pour moi, YouTube est désormais le premier vecteur de communication politique.
Néanmoins, cette série de vidéos n’est pas exempte de critiques. D’abord, le timing de lancement de ce nouvel outil de communication politique donne l’impression qu’il a été élaboré pour réagir aux critiques adressées à son plan de rigueur budgétaire. Or, il faut cesser la communication politique de réaction. Se justifier, c’est déjà presque reconnaître que l’on a perdu le combat. Ensuite, le fait de publier des vidéos de déplacements de François Bayrou sur son compte YouTube « FB Direct » ne me semble pas opportun. Pour ma part, j’aurai lancé une chaîne YouTube intitulée « François Bayrou » et non « François Bayrou – FB Direct » et j’aurai réservé l’appellation « FB Direct » aux vidéos de la chaîne dédiées à ses explications et échanges face caméra. Par ailleurs, nommer sa série de vidéos face caméra « podcast » et publier le son de ces vidéos sur toutes les plateformes d’écoute (Spotify, Deezer, Acast…) me semble être une erreur. Les Français ont-ils vraiment le désir de l’entendre ? François Bayrou n’est pas Donald Trump. Je pense qu’une série de vidéos sur YouTube aurait été suffisante. Enfin, le fait d’offrir la possibilité de poser des questions, faire des remarques et envoyer des propositions via l’application Agora et par mail (fbdirect@premier-ministre.gouv.fr) est une très bonne idée… qui aurait dû être intégrée dès le lancement de « FB Direct ». Dès la deuxième vidéo, François Bayrou aurait dû sélectionner des questions, des remarques ou des propositions et y répondre afin d’éviter l’effet Blanche Gardin « Je parle tout seul ».
Le dimanche 31 août 2025, François Bayrou a répondu aux questions de quatre journalistes de chaînes d’information en continu (France Info, LCI, BFMTV et CNews). En matière de communication politique, qu’avez-vous pensé de sa prestation ?
D’abord, il faut souligner que, pour une fois, les analyses des médias suite à cette prestation du Premier ministre sont assez objectives. Le média Quotidien fait figure d’exception et se moque de son intervention : « la dette explose pendant que François Bayrou fait sa com’ ».
Pour moi, c’est une victoire à la pyrrhus. Oui, François Bayrou est parvenu à persuader les Français de la nécessité de s’attaquer, au plus vite, au problème de la dette et du déficit publics. Hélas, le traitement de cheval qu’il propose peine à convaincre. La suppression de deux jours fériés, qui est une mesure phare, paraît excessive, voire inadaptée pour les Français, d’autant plus quand elle est proposée par un responsable politique qui soutient, depuis 2017, la politique du Président Emmanuel Macron. Pour les Français, cela peut donner l’impression d’un pompier pyromane.
Par ailleurs, cette prestation montre une autre facette du Premier ministre. Celle d’un François Bayrou offensif et accusateur selon l’enseignant Camille Chaussinand, notamment vis-à-vis du Parti socialiste : « ce que propose le PS, ce n’est pas de freiner la dépense mais de la laisser repartir » affirme-t-il.
Enfin, les propos du Premier ministre sur la nécessaire évolution de la politique d’immigration et sur la baisse de la contribution de la France à l’Union Européenne représentent un gros appel du pied en direction des élus et des électeurs du Rassemblement National. Une main tendue. Comme son Gouvernement n’a quasiment aucune chance de se maintenir, François Bayrou pose des jalons pour la suite.
Le 29 août 2025, soit deux jours avant cette prise de prise de parole, Médiapart avait révélé que François Bayrou a planifié la rénovation de son bureau de Maire à Pau pour un montant de 40 000 euros. Quel regard portez-vous sur cette polémique ?
C’est la réponse du berger à la bergère. Suite à plusieurs articles très critiques de Médiapart, le Premier ministre avait riposté et indiqué qu’il ne lisait pas ce média par « hygiène personnelle ». Le média s’est vengé si on peut dire en publiant cette information qui tombait à pic. Cela rappelle aux dirigeants politiques qu’il ne faut jamais dénigrer un média, sous peine de devenir une cible à abattre.
Pour François Bayrou, c’est aussi un très mauvais timing. Cela donne l’impression aux Français qu’il se moque d’eux. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » pourrait-on résumer. Même si le Premier ministre s’est bien défendu, a mis en oeuvre une bonne communication politique de crise, le mal était fait. Son image de gestionnaire rigoureux a été altéré et sa prise de parole du 31 août polluée.
L’image du MODEM, présidé par François Bayrou, aura-t-elle été impactée par sa communication en tant que Premier ministre ? Si oui de façon positive ou négative ?
Je suis d’accord avec Emma Doisy quand elle dit, dans une interview pour Les nouveaux experts de la ComPol, que l’image du MODEM est intimement liée à la personnalité de François Bayrou.
Je pense que l’impact de la communication politique du Premier ministre sur l’image du MODEM est positif.
Son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les violences scolaires pouvait faire craindre le pire en matière d’image. La chute dans les sondages de François Bayrou était une alerte rouge pour lui et, par ricochet, pour le MODEM.
Néanmoins, François Bayrou a une solide expérience politique. Il a réussi à maintenir son positionnement au-dessus des querelles politiques, comme un Premier ministre responsable et courageux, n’hésitant pas à dire la vérité aux Français, notamment sur la nécessaire baisse des dépenses publiques et à déclencher un vote de confiance sur sa politique.
François Bayrou apparaît également comme un Premier ministre ayant des convictions politiques bien ancrées. Il tente de mettre en œuvre les projets politiques qu’il défend depuis longtemps, comme la lutte contre le déficit et la dette publics, la décentralisation ou encore la proportionnelle, soulignant la sincérité de ses convictions et sa cohérence politique.
François Bayrou apparaît enfin comme un esprit libre. Malgré son soutien sans faille au Président Emmanuel Macron et à sa politique, il est parvenu à s’en dissocier. C’est la preuve d’une grande habilité politique.
Le contexte politique ne lui permettra sûrement pas de rester Premier ministre mais je pense qu’il aura réussi à consolider son image et à affirmer les valeurs du MODEM. Je ne serai pas surpris qu’à l’issue des prochaines élections législatives, le MODEM devienne même le premier parti de la majorité présidentielle.
Interview publiée le 7 septembre 2025
(crédits image : capture d’une vidéo FB direct)
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